Personnes handicapées âgées : quelles solutions ?

Publié le : 
4 avril 2016
- Mis à jour le : 
25 octobre 2017

Ce dossier recense les principales solutions d’accompagnement proposées aux personnes handicapées vieillissantes, qu’elles vivent à domicile ou en établissement, ainsi qu’à leurs proches.

Les changements de lieu de vie et d’activité avec le passage à la retraite peuvent exposer les personnes handicapées vieillissantes à des risques de ruptures familiales ou sociales. Afin d’ éviter des ruptures dans leur parcours de vie , il est nécessaire de les anticiper et d’envisager les solutions d’accompagnement à domicile ou en établissement existantes, qui peuvent être différentes des solutions d’accompagnement proposées aux personnes âgées en perte d’autonomie.

La problématique du vieillissement des proches aidants des personnes handicapées vieillissantes se pose également. Cela peut rendre nécessaire de faire évoluer à la fois l’accompagnement et le soutien de la personne handicapée et celui de ses proches.

De nombreuses initiatives se sont développées ces dernières années, partout en France, pour prendre en compte les situations particulières des personnes handicapées vieillissantes. Elles s’avèrent très différentes les unes des autres, en fonction des spécificités locales. Il n’est pas possible de toutes les recenser. Ce dossier présente donc les principales solutions d’accompagnement proposées aux personnes handicapées vieillissantes, qu’elles vivent à domicile ou en établissement, ainsi qu’à leurs proches .

Pour connaitre les différentes solutions qui existent en matière d’accompagnement et d’accueil  près de chez vous, renseignez-vous auprès de la MDPH (maison départementale des personnes handicapées) .

Les effets du vieillissement chez les personnes handicapées

Les effets du vieillissement peuvent se traduire chez les personnes handicapées par la survenue de handicaps ajoutés, de maladies dégénératives, de déficiences sensorielles et d’incapacités fonctionnelles impactant leur autonomie. Ils peuvent également se traduire par l’accroissement des difficultés antérieures.

De plus, le processus de vieillissement peut s’avérer plus complexe ou plus précoce pour certaines personnes handicapées , avec des situations très différentes selon le type de handicap, les pathologies associées et le parcours de vie.

Les solutions d'accompagnement quand le lieu de vie est un domicile ordinaire

Le lieu de vie habituel peut être un domicile ordinaire : le logement où la personne vit seule, en famille ou bien le logement où elle vit avec ses parents.

Différentes possibilités permettent aux personnes handicapées vieillissantes de pouvoir continuer à vivre chez elles :

  • Faire appel à un service d’aide intervenant à domicile , spécialisé ou non dans l’accompagnement des personnes handicapées vieillissantes,
  • utiliser des possibilités d’hébergement temporaire en cas d’absence du proche dont l’aide est indispensable au quotidien.

Les différents services intervenant à domicile

De nombreux services d’aide et de soins à domicile peuvent intervenir pour aider les personnes handicapées vieillissantes à faire ce qu’elles ne peuvent plus faire de façon autonome (leur  toilette, s’habiller, le ménage, …) :

  • les services d’aide et d’accompagnement à domicile,
  • les SSIAD (services de soins infirmiers à domicile),
  • les SPASAD (services polyvalents d'aide et de soins à domicile), les SAVS (services d'accompagnement à la vie sociale),
  • les SAMSAH (services d'accompagnement médico-social pour adultes handicapés).

Ces services peuvent également intervenir à la place ou en complément des proches aidants (conjoint, parents…) qui eux-mêmes vieillissent et ne peuvent plus leur apporter la même aide qu’auparavant.

Certains services sont habilités à intervenir à la fois auprès des personnes handicapées et des personnes âgées, d’autres uniquement auprès de personnes handicapées. Enfin, certains ont pour mission principale d’accompagner des personnes handicapées vieillissantes en fonction de leur handicap (déficience intellectuelle, visuelle...).

Les services d’aide et d’accompagnement à domicile

Les interventions des services d’aide à domicile concernent principalement l’entretien du logement et du linge, l’aide au lever, l'aide à la toilette, l’aide aux courses, la préparation des repas, la prise des repas, l’aide au coucher.

Deux principales aides financières peuvent aider les personnes handicapées vieillissantes à financer des interventions d’aide à domicile :

  • La PCH (prestation de compensation du handicap) destinée aux personnes qui ont besoin d’une aide dans la réalisation des actes de la vie quotidienne du fait d’un handicap. Pour pouvoir en bénéficier, il faut soit :
    • être âgé  de moins de 60 ans lors de la première demande ;
    • être âgé de moins de 75 ans et avoir rempli les conditions d’accès à la PCH avant 60 ans ;
    • être encore en activité professionnelle, même au-delà de l’âge légal de départ à la retraite.
  • L’APA (allocation personnalisée d’autonomie) destinée aux personnes âgées de 60 ans et plus et en perte d’autonomie.

Ces deux aides ne sont pas cumulables. Quand on a plus de 60 ans et qu’on est éligible à la fois à l’APA et à la PCH, en fonction de sa situation, il peut être plus intéressant de choisir l’une ou l’autre des aides.  Pour en savoir plus, consulter le dossier « Droits des personnes handicapées vieillissantes » .

Les SSIAD (services de soins infirmiers à domicile)

Les SSIAD interviennent à domicile pour dispenser des soins de nursing (toilette…) et des actes infirmiers (pansements, distribution des médicaments, injections…).

Les SSIAD interviennent sur prescription médicale auprès :

  • des personnes âgées de plus de 60 ans, malades ou en perte d’autonomie ;
  • des personnes âgées de moins de 60 ans handicapées ou atteintes d'une maladie chronique.

Les SSIAD sont autorisés à fonctionner pour accompagner un nombre défini de personnes âgées de plus de 60 ans et de personnes handicapées ou atteintes d’une maladie chronique. Certains SSIAD n’interviennent qu’auprès de personnes âgées, d’autres peuvent à la fois accompagner des personnes âgées ou des personnes handicapées de moins de 60 ans.

Le financement de leurs interventions est pris en charge par l’Assurance maladie.

Pour en savoir plus sur les SSIAD, consulter l’article « Les SSIAD ».

Pour trouver un SSIAD, consulter l’annuaire .

Les SPASAD (services polyvalents d’aide et de soins à domicile)

Les  SPASAD assurent à la fois les missions d’un SSIAD et celles d’un service d’aide et d’accompagnement à domicile. Ils proposent à la fois des soins infirmiers et des aides à domicile. Pour en savoir plus sur les SPASAD, consulter l’article « Les SPASAD ».

Pour trouver un SPASAD, consulter l’annuaire .

Les SAVS (services d’accompagnement à la vie sociale)

Les SAVS interviennent auprès des adultes handicapés qui ont besoin d’un accompagnement pour les actes essentiels de la vie. Les SAVS proposent un accompagnement social et un apprentissage à l'autonomie.

Pour pouvoir bénéficier de l’accompagnement d’un SAVS, il faut :

  • être reconnu handicapé, c'est-à-dire avoir une incapacité permanente au moins égale à 80 % ou être, compte tenu du handicap, dans l'impossibilité de se procurer un emploi ;
  • avoir entre 20 et 60 ans au moment de la demande ou plus de 60 ans si le handicap a été reconnu avant l’âge de 60 ans.

C’est la CDAPH (commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées) de la MDPH (maison départementale des personnes handicapées) qui prend la décision d’orienter la personne vers un SAVS.

C’est le conseil départemental qui prend en charge le coût de l’accompagnement par le SAVS. Sauf exception, aucune participation financière n’est demandée aux personnes faisant appel à un SAVS.

Les SAMSAH (services d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés)

Les SAMSAH assurent les mêmes missions que les SAVS auxquelles s’ajoute un suivi médical et paramédical des personnes accompagnées.

Pour pouvoir bénéficier de l’accompagnement d’un SAMSAH, il faut :

  • être reconnu handicapé, c'est-à-dire avoir une incapacité permanente au moins égale à 80 % ou être, compte tenu du handicap, dans l'impossibilité de se procurer un emploi ;
  • avoir entre 20 et 60 ans au moment de la demande ou plus de 60 ans si le handicap a été reconnu avant  l’âge de 60 ans.

C’est la CDAPH de la MDPH qui prend la décision d’attribution d’un accompagnement de la personne handicapée par un SAMSAH.

C’est le conseil départemental et l’agence régionale de santé qui prennent en charge le coût de l’accompagnement par le SAMSAH. Sauf exception, aucune participation financière n’est demandée aux personnes bénéficiant de l’intervention d’un SAMSAH.

Des SAVS ou des SAMSAH spécialisés selon le type de handicap

Il existe des SAVS ou des SAMSAH spécialisés dans l’accompagnement de personnes handicapées vieillissantes en fonction de leur type de handicap.

Par exemple, un SAMSAH pour personnes malvoyantes ou non-voyantes vieillissantes va orienter son intervention pour empêcher la survenue d’une situation de perte d’autonomie que peut entraîner un handicap visuel.

Par exemple, un SAVS accompagnant des personnes handicapées vieillissantes ayant une déficience intellectuelle va surtout orienter son intervention sur le maintien de la vie sociale, la prévention du vieillissement…

Les solutions d’hébergement temporaire

Des solutions d’hébergement temporaire existent pour les personnes handicapées vieillissantes qui vivent à domicile et qui ont besoin de l’aide d’un proche au quotidien, en cas d’absence ponctuelle de ce proche ou si celui-ci a besoin de dégager du temps libre.

Ces solutions peuvent aussi être utilisées pour donner la possibilité aux proches aidants de prendre des temps de répit afin de pouvoir, à l’issue, reprendre leur accompagnement habituel.

Plusieurs types d’établissements peuvent proposer un hébergement temporaire aux personnes handicapées vieillissantes :

  • les établissements pour les personnes handicapées : foyer d’accueil médicalisé, maison d’accueil spécialisée… ;
  • les établissements pour les personnes âgées : EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes).

A noter : Les démarches pour l’accès à ces places d’hébergement temporaire ne sont pas les mêmes s’agissant des établissements accueillant des personnes âgées ou des établissements accueillant des personnes handicapées.

Un hébergement temporaire dans un établissement pour personnes handicapées

Pour pouvoir accéder à une place d’hébergement temporaire dans un établissement pour personnes handicapées, il faut formuler une demande d’orientation auprès de la CDAPH (commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées) de la MDPH (maison départementale des personnes handicapées). Cette commission dispose de quatre mois pour étudier et statuer sur la demande, la CDAPH pouvant accélérer les délais de prises de décision via la procédure simplifiée.

Cet hébergement temporaire est limité à une durée maximum de 90 jours en une seule ou en plusieurs fois sur une période de 12 mois consécutifs.

L’accueil peut ainsi être effectué :

  • sur des périodes courtes répétées régulièrement . Par exemple : un mois en janvier, un mois en juillet et un mois en novembre
  • sur une longue période en continu . Par exemple : 3 mois d’affilée.

La participation forfaitaire journalière demandée à la personne handicapée ne peut pas excéder le montant du forfait hospitalier journalier (18€ en 2016). Certaines mutuelles ou complémentaires santé remboursent cette participation.

Un hébergement temporaire dans un établissement pour personnes âgées

Les personnes peuvent accéder directement à des places d'accueil temporaire dans les EHPAD si elles ont plus de 60 ans.

Pour faire une demande de place d’hébergement temporaire dans un EHPAD, il faut déposer un dossier d’admission auprès de l’établissement comme pour une demande d’hébergement permanent. Une visite de pré-admission doit être réalisée ainsi qu’une étude du dossier médical de la personne. Le traitement d’un dossier peut donc prendre un peu de temps. Télécharger le dossier unique d'admission en EHPAD.

Il est donc préférable d’anticiper et de faire la demande le plus tôt possible . Par exemple, quand le besoin d’hébergement temporaire est lié au départ en vacances des proches et qu’il est programmé bien en avance, il ne faut pas attendre le dernier moment pour faire la demande à l’EHPAD.

Pour aider à financer le coût de l’hébergement temporaire dans un établissement pour personnes âgées, il est possible :

  • d’utiliser une partie de l’ APA (allocation personnalisée d’autonomie) ou de l’ ASH (aide sociale à l’hébergement) si on en est bénéficiaire,
  • de solliciter sa caisse de retraite ou son département qui peut éventuellement attribuer une aide extra-légale .

Pour en savoir plus sur l’hébergement temporaire dans une structure pour personnes âgées, consulter la rubrique « Vivre ailleurs temporairement ».

Les solutions d'accompagnement quand le lieu de vie est un établissement d’hébergement

Pour une personne handicapée, le lieu de vie habituel peut être :

  • un foyer d’hébergement lorsque la personne est travailleur handicapé,
  • un foyer de vie ou un foyer occupationnel lorsque son handicap ne lui permet plus d’exercer une activité professionnelle,
  • un établissement médico-social : maison d’accueil spécialisée, foyer d’accueil médicalisé, dès lors que l’assistance d’une tierce personne pour la plupart des actes essentiels de l’existence lui est nécessaire.
  • un hébergement en accueil familial : l’accueil familial  vise à offrir aux personnes accueillies, au-delà du seul hébergement, un cadre de vie familial et sécurisant afin de lutter contre l’isolement.

Les besoins d’accompagnement évoluent avec les années et la structure peut ne plus pouvoir assurer l’accompagnement nécessaire. Pour permettre à la personne de rester vivre dans son environnement familier, la structure peut s’appuyer sur des services extérieurs pour les soins.

Un foyer de vie (structure non médicalisée) peut faire intervenir un SSIAD (service de soins infirmiers à domicile) pour permettre à la personne de recevoir des soins infirmiers.

De la même façon, un foyer d’accueil médicalisé ou un foyer de vie peut faire intervenir l’HAD (hospitalisation à domicile) pour la réalisation des soins complexes que l’équipe soignante de la structure n’est pas en mesure de dispenser.

Certains de ces foyers créent des unités spécifiques au sein de leurs locaux ou adaptent leur accompagnement afin de prendre en compte les besoins des personnes handicapées vieillissantes qu’ils accueillent (médicalisation, aménagement pour des déplacements plus faciles…).

Les solutions d’hébergement quand la vie dans le lieu de vie habituel n’est plus possible ou souhaitée

Continuer à vivre à domicile ou dans la structure où l’on a vécu jusqu’alors n’est parfois plus possible. Il est alors nécessaire de réorienter la personne handicapée vieillissante vers une solution d’hébergement plus adaptée.

Plusieurs possibilités existent :

  • aller vivre dans un foyer d’accueil médicalisé à condition d’avoir eu une reconnaissance de son handicap avant l’âge de 60 ans ;
  • aller vivre dans une structure spécialement conçue pour accueillir des personnes handicapées vieillissantes ;
  • aller vivre dans un EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), notamment s’il dispose d’une unité spécifique pour personnes handicapées vieillissantes.

Aller vivre dans une structure spécialement conçue pour accueillir des personnes handicapées vieillissantes

Il peut d’agir par exemple :

  • de foyers d’accueil médicalisés pour personnes handicapées vieillissantes pouvant répondre à des besoins en soins plus importants.
    A savoir : Les résidents des foyers d’accueil médicalisés doivent participer aux frais d'hébergement et d'entretien. Leur participation est calculée en fonction de leurs ressources. Elle est plafonnée afin qu’ils conservent un minimum de moyens financiers équivalent à 10 % de leurs ressources. Le montant laissé à leur disposition ne peut être inférieur à 30 % du montant mensuel de l'allocation pour adulte handicapé .
  • de maisons d’accueil rurales pour personnes handicapées âgées qui s’inscrivent dans le modèle des MARPA (maisons d’accueil rurales pour personnes âgées) développées par la Mutualité sociale agricole. Ce sont des établissements de petite taille non médicalisés qui s’appuient sur les ressources locales (services d’aide et de soins, médecins libéraux…). Les résidents des MARPA doivent payer un loyer.

Aller vivre dans un EHPAD  (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes)

Les EHPAD sont réservés aux personnes bénéficiaires de l’APA, donc âgées de 60 ans ou plus. Il est possible d’y être admis avant 60 ans , mais il faut pour cela obtenir une dérogation de la part du conseil départemental et recueillir l’accord de la MDPH.

De plus en plus, ces établissements doivent intégrer la question de l’accompagnement spécifique du vieillissement des personnes handicapées dans leur projet d’établissement afin d’anticiper leurs besoins et adapter leurs interventions auprès de celles-ci. En fonction de ces besoins, ils sont amenés à identifier les différents professionnels qui interviendront auprès des personnes handicapées vieillissantes et à formaliser des partenariats avec des structures ou des professionnels extérieurs pour certains accompagnements spécifiques.

Les résidents des EHPAD paient un tarif hébergement journalier et un tarif dépendance journalier. L’ ASH (aide sociale à l’hébergement) peut aider à payer une partie ou la totalité du tarif hébergement. Le tarif dépendance peut être en partie pris en charge par le conseil départemental dans le cadre du versement de l’ APA (allocation personnalisée d’autonomie) .

Pour en savoir plus, consulter l’article « Comprendre sa facture en EHPAD ».

A noter : Les personnes handicapées hébergées dans un EHPAD peuvent, si elles remplissent certaines conditions, bénéficier de l’aide sociale à l’hébergement pour les personnes handicapées qui est différente et plus avantageuse que l’aide sociale à l’hébergement pour les personnes âgées.

Pour en savoir plus, consulter le dossier « Droits des personnes handicapées vieillissantes ».

Il arrive que des parents d’adultes handicapés vieillissants vivant avec leur enfant à domicile soient confrontés à une situation de perte d’autonomie car eux aussi vieillissent. Quand cette situation les empêche de continuer à vivre chez eux et à apporter l’aide nécessaire à leur enfant, la question de trouver une structure d’hébergement se pose à la fois pour eux et pour leur enfant.

Pour répondre à cette situation particulière et ne pas séparer ces familles , quelques EHPAD proposent d’accueillir en leur sein, sur dérogation du conseil départemental et avec l’accord de la MDPH, des parents âgés avec leur enfant adulte handicapé vieillissant, même si celui-ci ne peut bénéficier de l’APA.

Ces parents âgés et leurs enfants adultes handicapés sont ainsi assurés de pouvoir rester dans la structure même si l’un d’entre eux décède.

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