« Trouver, dans le dialogue, des solutions aux dysfonctionnements collectifs » : le président d’un conseil de la vie sociale en EHPAD témoigne

Publié le : 
27 juin 2016
- Mis à jour le : 
13 décembre 2016

Jacques Rastoul, président du conseil de la vie sociale d’un EHPAD de l’Essonne, partage son expérience. ll évoque l’importance de cette instance prévue par la loi pour renforcer les droits des résidents hébergés dans des établissements médico-sociaux : foyers pour personnes handicapées, maisons de retraite... Il encourage résidents et familles à y participer pour exprimer leurs besoins et trouver des solutions dans le dialogue.

Une instance élue et animée par les résidents et les familles

Les représentants siégeant au conseil de la vie sociale sont élus par tous les résidents et les familles dans le cadre d’élections organisées par l’établissement, pour une durée de trois ans maximum.

L’ensemble des personnes vivant, travaillant ou participant à la vie de l’établissement sont représentées au conseil de la vie sociale. Les personnes suivantes y siègent :

  • des représentants des résidents,
  • des représentants des familles,
  • des représentants des salariés,
  • un représentant de l’organisme gestionnaire.

Les personnes élues désignent, par vote à bulletin secret, un président qui doit obligatoirement être un résident ou un représentant des familles.

Un représentant de la collectivité locale et toute autre personne experte peut aussi être invité par le conseil de la vie sociale.  

Le directeur de l’établissement ou son représentant participe aux réunions.

Jacques Rastoul, président du conseil de la vie sociale d’un EHPAD et animateur du réseau de conseils de la vie sociale de l’Essonne, souligne « l’originalité du conseil de la vie sociale dans le paysage des instances de concertation. En effet, son président est un usager : un résident ou membre de la famille d’un résident. ». Même si le rôle du conseil de la vie sociale est uniquement consultatif, Jacques Rastoul rappelle que « le conseil doit obligatoirement être consulté sur des documents importants, comme le projet d’établissement ».

Une instance au service de l’amélioration de la vie collective

L’ordre du jour des réunions du conseil de la vie sociale est élaboré par les élus du conseil de la vie sociale « à partir de leurs observations mais aussi des dysfonctionnements pointés par les résidents et les familles : qualité des soins, restauration… » La direction de l’établissement peut également mettre des points à l’ordre du jour en concertation avec le président. « Il ne s’agit pas », poursuit Jacques Rastoul, « de traiter les plaintes individuelles des résidents et des familles, mais bien de les aborder à partir des dysfonctionnements collectifs et de parvenir, dans le dialogue, à trouver des solutions pour le bien-être et la bientraitance des résidents ».

Tous les points discutés sont consignés dans un compte rendu signé par le président du conseil de la vie sociale. Jacques Rastoul indique que « ces engagements écrits permettent d’assurer le suivi des demandes et leur prise en compte progressive». Dans l’EHPAD où il est élu, le conseil de la vie sociale a, selon lui, « permis aux résidents et aux familles de mieux connaître la prise en charge des soins, les rôles des différents professionnels et de savoir ainsi à qui s’adresser en fonction de leur demande ».

Un lieu d’écoute et d’échange

Le conseil se réunit au moins 3 fois par an et autant que nécessaire en fonction des besoins soulevés. Les représentants des résidents et des familles élus au conseil de la vie sociale interviennent bénévolement. « Globalement », souligne Jacques Rastoul, « les familles et les résidents hésitent à s’investir dans le conseil de la vie sociale ».

Le conseil de la vie sociale peut inviter qui il souhaite à participer à une réunion du conseil de la vie sociale à titre consultatif, en fonction de l’ordre du jour. Pour donner envie aux résidents et familles de s’engager, le réseau des conseils de la vie sociale de l’Essonne préconise d’inviter des résidents et familles aux réunions afin qu’ils découvrent peu à peu l’intérêt du conseil de la vie sociale et prennent goût à la participation à ce de dialogue facteur de prévention.

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